Plus de 2 hauts fonctionnaires sur 3 réclament que la RGPP soit modifiée à partir de 2012, selon l’enquête de l’Ifop pour Acteurs publics. Ils sont même 25 % à demander sa suppression. Si 80 % des personnes interrogées veulent la fin de la règle du “un sur deux”, les avis sont partagés sur les fusions de directions et de services.

 À un an de l’élection présidentielle, Acteurs publics et l’Ifop, dans le cadre de la quinzième vague d’enquête de l’Observatoire des politiques publiques, ont demandé aux cadres de la fonction publique s’ils souhaitaient rompre avec la logique de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) pour les cinq années suivantes.

Si la RGPP n’est pas rejetée en bloc, c’est sa mise en œuvre aujourd’hui qui convient très peu aux hauts fonctionnaires, toutes fonctions publiques confondues.

Dans la perspective du prochain quinquennat, rares sont ceux qui souhaitent la voir reconduire en l’état (4 %). Plus de 2 agents sur 3 (68 %) souhaitent qu’elle soit modifiée et un quart d’entre eux partage même un ressenti plus extrême en appelant de ses vœux la suppression de l’une des réformes emblématiques du quinquennat de Nicolas Sarkozy (25 %). Ce jugement est fortement exprimé dans la fonction publique d’État et par les cadres se déclarant proches de la gauche (respectivement 29 % et 41 %).

Parmi les diverses mesures incluses dans la RGPP, seule la dématérialisation des démarches administratives et le développement des services publics en ligne bénéficient d’un soutien unanime (94 %).

S’agissant du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique d’État, les jugements sont tranchés et s’inscrivent en adéquation avec ce que l’Ifop a régulièrement mesuré auprès du grand public : 8 agents sur 10 ne souhaitent pas que cette mesure soit reconduite et près d’un sur deux (49 %) ne le souhaite même pas du tout.

 En revanche, la poursuite de fusions de directions d’administration et d’organismes publics suscite davantage de débat : 49 % des cadres de la fonction publique d’État souhaitent la poursuite de ces fusions, 46 % y sont opposés. Si dans la territoriale et dans la fonction publique d’État, les avis sont assez partagés, en revanche, dans la fonction publique hospitalière, l’adhésion à cette mesure est unanime (95 %, soit un écart de 46 points avec la moyenne).

Des moyens pour l’éducation

Un autre point de clivage se fait jour entre les hauts fonctionnaires interrogés : le rythme à donner à la réduction des déficits publics pour le prochain quinquennat. Les opinions apparaissent très partagées : 43 % des agents se déclarent plutôt favorables à une accélération du processus contre 44 % qui souhaitent un ralentissement. Alors que cette ligne de fracture se retrouve dans des proportions similaires dans les trois fonctions publiques, le positionnement politique constitue un critère clivant.

Une majorité des hauts fonctionnaires se déclarant de gauche (51 %) se prononce en effet en faveur d’un ralentissement des mesures permettant la réduction des déficits publics. Dans le même temps, plus des deux tiers de ceux se positionnant à droite (68 %) souhaitent, pour le prochain quinquennat, que le processus soit accéléré. Enfin, s’agissant des missions de service public perçues comme prioritaires par les hauts fonctionnaires et pour lesquelles davantage de moyens devraient être débloqués, deux enjeux se détachent : l’éducation et la santé (respectivement 54 % et 48 % de citations), suivies de la justice (41 %) et de l’emploi (36 %). Le positionnement politique des répondants est également très clivant sur cette question : une nette majorité des hauts fonctionnaires se disant proches de la gauche (73 %) exprime l’attente d’un renforcement des moyens pour l’éducation, alors qu’à peine un répondant sur quatre se situant à droite (24 %) fait part de cette demande.

Yves-Marie Cann et Adeline Merceron,
directeur d’études et cheffe de groupe au département “Opinion” de l’Ifop dans Acteurs Publics

About Catherine Labrousse

Catherine LABROUSSE Consultante et coach Catherine LABROUSSE a été attachée de presse d’un ancien ministre des affaires étrangères, puis de 1996 à 1998, attachée parlementaire, directrice de cabinet et chargée de communication d’un député-maire et conseiller régional. Elle devient animatrice de territoire au sein du service développement territorial du Conseil Régional Languedoc-Roussillon, puis attachée parlementaire et chargée de la communication d’un député du Gard entre 2002 et 2010. Forte de ces expériences institutionnelles en communication et en management public, elle crée Consult&Nous, en juin 2010. Ses activités sont centrées, alors, sur des démarches d’aide à la définition de stratégies en management au sein de grandes entreprises (Nestlé Waters, Areva), de concertation et de communication interne et externe. Aujourd’hui, elle intervient dans le développement des compétences et cadres supérieurs et cadres, et se spécialise dans le coaching des leaders et des équipes. Elle développe des outils d’aide à la définition du sens de l’action au sein des organisations publiques et privées. Elle est coach de leader. Elle a récemment rejoint le réseau Vision 2021, animée par Robert DILTS et Gilles ROY sur l’Intelligence Collective en action

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