Ce serait un lieu commun de dire que le temps constitue une structuration de notre quotidien, nos relations sociales, nos relations économiques, de notre vie institutionnelle.

Le temps, donc est un facteur de régulation de notre vie, mais aussi une contrainte lorsqu’il est poussé à l’extrême, lorsqu’il nous échappe…

Dans la vie publique, nous jugeons désormais les actions du gouvernement dans un délai très court. La chute de popularité du président de la République, de son premier ministre en témoigne. Même la théorie des « cent jours », forme d’état de grâce que tous les présidents de la Vème République ont connu n’a pas bénéficié à François Hollande.

Pourtant entreprendre des réformes de fond ou d’ampleur ne peut se faire que sur du long terme.

L’instantanéité de l’information et de son accès amène à générer un texte dès la survenance d’un fait divers, avec comme traduction directe les travaux législatifs.

Comme le souligne Gilles FINCHELSTEIN, dans un article paru dans la revue M3 « Société Urbaine et Action Publique », entre 1968 et 2007, un tiers des lois ont été votées via la procédure d’urgence. Depuis 2007, on est passé à deux tiers ! Le parlement légifère trop, trop vite, comme pour éteindre un feu généré par l’actualité. Mais la réalité est que les décrets d’application ne suivant pas le rythme, les lois ne sont pas appliquées.

« Le temps renforce l’illisibilité de l’action publique : en gouvernant dans l’urgence, on prend le risque de gouverner sans futur, c’est-à-dire de ne pas prendre suffisamment en compte les effets sur le long terme de telle ou telle politique » affirme-t-il.

Du coup, le temps délégitime le politique et le rend inefficace, voire incompétent.

Ne devrait-on pas renouer avec des politiques de long terme ? Pour cela, le politique doit laisser réellement le temps de l’échange, de la concertation, à l’évaluation. Or, nous savons que ce temps là, n’est pas pris.

Bien au contraire, il s’accélère singulièrement à l’approche des échéances électorales…

 

About Catherine Labrousse

Catherine LABROUSSE Consultante et coach Catherine LABROUSSE a été attachée de presse d’un ancien ministre des affaires étrangères, puis de 1996 à 1998, attachée parlementaire, directrice de cabinet et chargée de communication d’un député-maire et conseiller régional. Elle devient animatrice de territoire au sein du service développement territorial du Conseil Régional Languedoc-Roussillon, puis attachée parlementaire et chargée de la communication d’un député du Gard entre 2002 et 2010. Forte de ces expériences institutionnelles en communication et en management public, elle crée Consult&Nous, en juin 2010. Ses activités sont centrées, alors, sur des démarches d’aide à la définition de stratégies en management au sein de grandes entreprises (Nestlé Waters, Areva), de concertation et de communication interne et externe. Aujourd’hui, elle intervient dans le développement des compétences et cadres supérieurs et cadres, et se spécialise dans le coaching des leaders et des équipes. Elle développe des outils d’aide à la définition du sens de l’action au sein des organisations publiques et privées. Elle est coach de leader. Elle a récemment rejoint le réseau Vision 2021, animée par Robert DILTS et Gilles ROY sur l’Intelligence Collective en action

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