Unknown-1Le phénomène n’est pas nouveau en Europe, il l’est peut être plus en France. C’est certainement ce qui interroge.

Depuis quelques jours, à l’image de « los indignados de la plaza del sol » à Madrid en 2011, nombre de citoyens se réunissent pour échanger, parler, construire. C’est le sens de l’action de « Nuit Debout »

Parallèlement à ce mouvement, plusieurs collectifs tels que « Cap 21 – LRC », « Génération citoyens », « La Transition », « Le Pacte civique », « Nous citoyens », « Nouvelle donne » et « Bleu Blanc Zèbre, » ont présenté, le 11 avril 2016, à la presse une démarche visant à faire émerger un candidat de la société civile pour la prochaine présidentielle de 2017.

Qu’est ce qui poussent les personnes à s’engager spontanément ?Serait ce le retour d’un intérêt collectif et non d’un intérêt catégoriel ? Ces mouvements sont ils les prémisses d’une forme d’Intelligence Collective mise au service de tous et non d’un seul ?

Ce à quoi nous invite l’Intelligence Collective

L’intelligence collective peut se définir comme un leadership engagé dans la création d’une vision à laquelle les individus veulent appartenir. Cette forme d’intelligence qui vise à créer un tout plus grand que la somme des parties.

Aussi, ce leadership implique des capacités à gérer les relations avec les autres, à faciliter l’expression du meilleur de chacun, à surmonter les résistances, à faire participer les équipes à un travail collectif qui crée ou génère quelque chose de nouveau, de surprenant et au- delà des capacités individuelles de chaque membre du groupe.

Ainsi, dans une équipe hautement performante, les membres du groupe interagissent efficacement vers un but commun, les membres intègrent leurs relations au sein d’un ensemble plus large, et chacun se sent important, reconnu et en développement.

Alors, vu de l’extérieur, l’on peut dire que ces mouvements citoyens s’apparentent à de l’intelligence collective ; En ce sens qu’il génèrent des capacités à gérer les relations à l’autre et donc à participer à un travail collectif qui pourrait générer quelque chose de nouveau.

Quelle vision collective pour Nuit Debout et les Collectifs de citoyens ?

Le leadership collectif repose sur la création d’une vision partagée. Cependant, si le mouvement des « Nuits Debout » réfléchit à une forme sociétale partagée. Une vision, une ambition d’une société future différente et meilleure.

« Cap 21 – LRC », « Génération citoyens », « La Transition », « Le Pacte civique », « Nous citoyens », « Nouvelle donne » et « Bleu Blanc Zèbre, » sont dans une démarche semble-t-il différente.

L’on s’interroge, en réalité, sur quelle est la vision de la société que ces associations portent ?

De ce qui est donné à voir ou plutôt à entendre ce sont des arguments « anti » :anti parti, anti système, anti untel, … et non une vision « pour » une société plus juste, plus soucieuse de son environnement, plus encline à la préservation des générations futures….

Bâtir une vision de la société, partager sans a priori de ce que l’un et l’autre peut apporter de son expérience, de sa connaissance, de son savoir, c’est ce que nous enseigne l’intelligence collective.

Alors, il paraît, à ce stade, difficile de parler d’Intelligence Collective à l’œuvre pour les rassemblements des associations du 11 avril 2016. L’action des s’apparente à celle de groupe de pression ou de lobby. Et il n’est pas anondin qu’ils émergent aujourd’hui, à quasiment un an de l’élection présidentielle française.

Ces groupent ne nous interrogent pas sur la société que nous souhaiterions. Ils pointent, stigmatisent, rejettent parce qu’ « il ou elle» a fait de la politique, parce qu’ « il ou elle » est énarque, parce qu’ « il ou elle » « ne représente rien »…

Si la démarche peut apparaître séduisante, elle révèle une vision très manichéenne voire populiste du monde politique de « tous les élus sont des pourris » « tous les élus ont échoué ».

En réalité, sous couvert de mouvement citoyen, ce que souhaitent ces associations ce n’est pas partager une vision ou un avenir commun, c’est faire en sorte que demain, l’arsenal législatif soit encore plus contraignant (prendre obligatoirement une personne de la société civile sur une liste, par exemple…).

C’est, pour ces associations, tout au mieux de l’influence mais pas de l’Intelligence Collective.

 

 

 

 

 

 

About Catherine Labrousse

Catherine LABROUSSE Consultante et coach Catherine LABROUSSE a été attachée de presse d’un ancien ministre des affaires étrangères, puis de 1996 à 1998, attachée parlementaire, directrice de cabinet et chargée de communication d’un député-maire et conseiller régional. Elle devient animatrice de territoire au sein du service développement territorial du Conseil Régional Languedoc-Roussillon, puis attachée parlementaire et chargée de la communication d’un député du Gard entre 2002 et 2010. Forte de ces expériences institutionnelles en communication et en management public, elle crée Consult&Nous, en juin 2010. Ses activités sont centrées, alors, sur des démarches d’aide à la définition de stratégies en management au sein de grandes entreprises (Nestlé Waters, Areva), de concertation et de communication interne et externe. Aujourd’hui, elle intervient dans le développement des compétences et cadres supérieurs et cadres, et se spécialise dans le coaching des leaders et des équipes. Elle développe des outils d’aide à la définition du sens de l’action au sein des organisations publiques et privées. Elle est coach de leader. Elle a récemment rejoint le réseau Vision 2021, animée par Robert DILTS et Gilles ROY sur l’Intelligence Collective en action

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